Les 9 défis de la stratégie nationale de développement durable

 

La Stratégie nationale de développement durable (SNDD) s’articule autour de neuf défis stratégiques, en lien avec l’architecture de la Stratégie européenne de développement durable (SEDD).

Si l’architecture en neuf défis constitue une grille de lecture destinée à faciliter la compréhension des enjeux développement durable. Toutefois, il convient de souligner que la recherche d’un développement durable consiste en une approche transversale, c’est à dire repose dans la mise en lien des uns avec les autres.

Une consommation et une production durables

Nos modes de production et de consommation se traduisent par une exploitation excessive et croissante des ressources naturelles. Ils affectent le climat, la diversité biologique, les équilibres naturels, voire la stabilité des sociétés humaines.

Dans ce contexte, l’enjeu est d’orienter nos modes de production et de consommation vers une économie plus durable, qui limite ses impacts sur l’environnement tout en améliorant notre compétitivité, notre qualité de vie ainsi que les conditions sociales de production.

Le comportement et l’implication de chacun (citoyens, consommateurs, entreprises de production, distributeurs et pouvoirs publics) sont déterminants pour assurer le succès des changements profonds qui touchent à l’organisation de nos modes de vie.

Modifier nos modes de production et de consommation implique d’agir simultanément sur l’offre et la demande afin de permettre une croissance harmonieuse du marché des produits les plus responsables, de rendre ces derniers plus compétitifs par rapport aux offres conventionnelles et de stimuler notre économie.

Société de la connaissance

L’égal accès pour tous à l’éducation, à la formation et à la culture est un facteur majeur de cohésion sociale, à tous les niveaux de formation et à toutes les étapes de la vie.

L’éducation et la formation permettent de former les citoyens et les futurs citoyens aux enjeux fondamentaux du développement durable, d’acquérir les savoir-faire et les savoir être indispensables pour s’adapter aux évolutions du monde et de la société.

Ces évolutions impliquent, d’une part, un effort d’anticipation pour bénéficier des nouvelles possibilités qui se présentent et, d’autre part, une gestion de la transition entre anciennes et nouvelles activités. La formation professionnelle initiale et continue y contribueront significativement.

L’éducation au développement durable, par ses dimensions éthiques et sociales, contribue à la formation citoyenne. Elle est par nature portée par toutes les disciplines d’enseignement et d’activités éducatives scolaires et extra-scolaires. Par le biais de l’éducation des jeunes, elle facilite la mobilisation effective du grand public autour des enjeux de développement durable.

Défi transversal aux huit autres défis, l’éducation et la formation exigent de poursuivre un effort considérable à l’échelle du pays. Sa réussite est une des clés de l’efficacité de la politique nationale de développement durable.

Gouvernance

Chez la plupart de ceux qui, au sein du secteur public comme au sein du secteur privé, emploient le terme de gouvernance, celui-ci désigne avant tout une façon différente de prendre des décisions, avec une multiplication des lieux de décision et des acteurs associés.

Moderniser l’action publique, privilégier la concertation et la médiation, gérer la pluralité d’intérêts parfois contradictoires, favoriser la mobilisation : la gouvernance est fondée sur le partenariat, l’interaction entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs de la société.

La gouvernance peut être déclinée à toutes les échelles de gouvernement. Globale, locale ou thématique, elle est plurielle par nature. Il faut donc veiller à la cohérence et à la bonne articulation de ses différentes échelles.

Une bonne gouvernance suppose en amont et tout au long du processus la transparence dans l’évolution du dossier.

Changement climatique et énergies

Selon le rapport d’évaluation 2007 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), 11 des 12 années de la période 1995-2006 comptent parmi les plus chaudes depuis 1850, date à laquelle l’enregistrement des températures a débuté.

Les émissions de gaz à effet de serre dues à l’activité humaine sont à l’origine de ce réchauffement : elles ont doublé à l’échelle mondiale depuis le début des années 1970 et devraient à nouveau doubler d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise.

Or, une hausse des températures de plus de 2°C renforcerait les phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui aurait des conséquences désastreuses, d’un coût très supérieur aux mesures de prévention susceptibles d’être prises.

Il est donc urgent d’agir. Limiter le réchauffement à 2°C suppose de stabiliser les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2020 au plus tard, puis de les réduire de moitié d’ici 2050 par rapport à 1990.

Transport et mobilité durables

La liberté et la facilité de déplacement des personnes et des biens sont au cœur de nos sociétés modernes.

Sources de richesse et d’emplois, elles sont indissociables d’une économie ouverte, performante et compétitive. Tout système de transport influe sur l’organisation de la production des biens et services. Depuis le choix des matières premières jusqu’aux déplacements du consommateur final de biens et services, il structure les flux de marchandises et les déplacements professionnels ou privés, voire l’urbanisation.

Les services de transports contribuent à l’activité socio-économique, aux relations et à la cohésion sociale, à l’insertion des personnes handicapées, âgées ou isolées dans des quartiers décentrés ou des zones rurales éloignées. L’amélioration des transports est ainsi une composante significative des projets de rénovation urbaine.

Les transports sont à l’origine d’impacts directs environnementaux significatifs. En France, les consommations énergétiques associées aux transports reposent à 97 % sur les hydrocarbures. Les transports sont à l’origine de 26 % des émissions des gaz à effet de serre. Le transport aérien et le transport routier sont ceux qui génèrent le plus d’émission de gaz à effet de serre par kilomètre parcouru.

Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles

Les ressources naturelles comprennent les ressources naturelles fossiles et minérales, les matériaux issus du milieu naturel, les terres arables. La diversité biologique, ou biodiversité, représente l’ensemble des espèces vivantes présentes sur la terre (plantes, animaux, micro-organismes…), les communautés formées par ces espèces et les habitats dans lesquels ils vivent.

Depuis 4 milliards d’années, les services rendus par la biodiversité sont essentiels. Le vivant fournit nourriture, fibres, principes actifs des médicaments et répond à nos besoins les plus essentiels. Bien que la survie des sociétés humaines dépende entièrement des services rendus par les écosystèmes, ces derniers n’ont pas été évalués monétairement et sont donc rarement ou insuffisamment pris en compte par nos modèles économiques.

Les activités humaines, par leurs impacts sur le cycle de l’eau et la biologie des sols, par leurs prélèvements excessifs et la modification des biotopes, appauvrissent la biodiversité à un rythme sans précédent, qui va à l’encontre du développement durable et compromet le bien-être, voire la survie, de l’humanité. Le changement climatique exacerbe le problème. Les populations les plus pauvres, sont aussi les plus fragiles, les plus dépendantes et les plus menacées.

Santé publique, prévention et gestion des risques

En France, l’espérance de vie sans incapacité est l’une des plus élevées au monde 138. Notre pays est aussi celui de l’Union européenne qui dépense le plus pour la santé de ses habitants, près de 9 % de son PIB. La garantie de l’accès aux soins pour tous par la couverture médicale universelle constitue un facteur d’équité sociale et de santé durable. L’article 1 de la charte de l’environnement, adossée à la Constitution, stipule que « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Or, la dégradation de l’environnement, et notamment la pollution de l’eau et de l’air, peut avoir de sérieuses conséquences sanitaires. Certains risques naturels ou technologiques sont avérés. D’autres, incertains, exigent une vigilance soutenue. L’exposition à ces risques n’est pas identique pour tous :: les conditions de vie engendrent en effet des inégalités en matière de santé.

Démographie, immigration, inclusion sociale

L’évolution démographique place l’Europe devant des défis majeurs. Le vieillissement des populations, accentué par l’allongement de la durée de vie, est inéluctable. La croissance de la population mondiale joue un rôle important dans l’immigration. L’Europe des quinze enregistre un solde migratoire supérieur à 1,5 millions de personnes par an, qui pose la question de l’intégration, en particulier linguistique et économique de ces populations.

La crise financière et économique, inédite par son ampleur, va aggraver la pauvreté, creuser les inégalités, frapper durablement les plus démunis.

La crise systémique à laquelle nous sommes confrontés appelle cependant à une véritable mutation assortie d’un accompagnement social et sociétal à la mesure des changements en cours. Redéfinir la justice sociale et traiter les inégalités dans une société plus sobre est une condition de changement durable de nos modes de vie et de nos modèles de croissance.

Dans le contexte actuel de crise, les dépenses publiques d’éducation, de santé et de sécurité sociale jouent un rôle d’amortisseur ; les protections sociales sont un filet de sécurité pour les plus fragiles.

Parce que la République est aussi un projet de société, l’égalité des chances est une priorité et l’accès à l’emploi doit être placé au cœur des stratégies d’inclusion sociale et de lutte contre la pauvreté, pour lesquelles le développement d’une croissance verte doit être une opportunité.

Défis internationaux en matière de développement durable et de pauvreté dans le monde

Les défis d’un développement durable dépassent nos frontières : la pauvreté, la faim, les déséquilibres dans un monde de plus en plus interdépendant sont des menaces pour la paix et la stabilité.

En 2000, lors de la 55e session de l’assemblée générale des Nations unies, la communauté internationale s’est engagée à atteindre en 2015 les huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : ceux-ci visent à lutter contre l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des femmes, combattre le VIH/Sida, le paludisme et les autres maladies, réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, préserver l’environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Le changement climatique et ses conséquences, la dégradation des sols et des nappes phréatiques, la déforestation, l’érosion de la biodiversité, l’épuisement à terme des énergies fossiles et des ressources naturelles sont autant d’hypothèques quant à la capacité d’atteindre les objectifs du millénaire et, au-delà, de satisfaire les besoins essentiels d’une population mondiale qui pourrait culminer à 9 milliards de personnes en 2050, ce qui induit un accroissement concomitant des pressions sur les ressources naturelles.

La gouvernance internationale en matière de développement durable repose sur diverses instances – le Programme des Nations unies pour l’environnement, la Commission de développement durable de l’ONU, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds pour l’environnement mondial – qui ne disposent que de pouvoirs limités.

La réforme de ces structures ou la création de nouvelles – telle une organisation mondiale de l’environnement – devront intégrer la globalisation des échanges et l’émergence de nouveaux grands acteurs sur la scène internationale (Brésil, Russie, Inde, Chine).

 

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Les-9-defis-.htm

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